Le business de la livraison de plats à domicile

Jamais un secteur avait connu un apport aussi lourd de capitaux en si peu de temps. En 2015, les entreprises du secteur « meals » du géant allemand Rocket Le web(Delivery Hero, Foodora, ,Take Eat Easy…) ont levé plus d’un milliard de dollars afin de tenter de conquérir le monde. La livraison de repas à domicile est en plein boom.

Le britannique Deliveroo a aussi réuni 75 millions, et les grands fonds d’investissement internationaux cherchent à entrer sur le marché en trouvant la nouvelle pépite. Au total, en fonction de CB Insights, les start-up auraient levé 2,25 milliard de dollars sur les 16 derniers mois. Sans compter l’intérêt des géants Amazon.com et Google pour le secteur, où Uber a déjà fait ses premiers pas.

Il faut dire que le business est prometteur car peu digitalisé et connaît des taux de croissance impressionnants : dans l’hexagone, Alloresto dépasse allégrement les 60 % de croissance chaque année, l’autre société historique Resto-In croît de plus de 32 % . Et l’Hexagone serait encore en retard par rapport au Royaume-Uni, marché le plus important en Europe, 6 fois plus gros que la France.

 

repas domicile
En revanche, la france n’est pas en avance dans ce secteur. « Ce genre de support est bien développé aux States, explique Boris Mittermuller, le boss du blog Foodora. Néanmoins il va se développer dans l’hexagone c’est sur. Les gens n’ont plus le temps de cuisiner et ils ont déjà pris l’habitude de commander leur nourriture. Toutefois l’offre était jusqu’alors limitée aux pizzas ou à la cuisine asiatique. »

En effet sur les 150.000 restaurants que compte le pays, seuls 4800 garantissent de la livraison à domicile. Mais d’ailleurs, peu sont les habitués de ces restaurants qui le savent. Le challenge de ces sites est donc de devenir le portail de référence sur le net sur lequel on trouvera toute sorte de nourriture : hamburger, asiatique, pizza, sandwich et cela même en livraison cacher et hallal.

Mais afin de s’affairer ce marché, 2 modèles se rencontre. D’un côté, le modèle d’Allo Resto. Fondée en ’98 et racheté par le britannique Just Eat en 2010, ce site n’est en effet qu’une place de marché des fast-food. Celui-ci n’assure donc pas de service sauf celui de mettre en connection le client et le restaurant lequel dispose de son service de livraison. Atout pour le restaurateur: la commission prélevée sur chacune des commandes se limite à 12%. Les clients, eux paient le même prix que ceux qui dégustent leurs repas dans le restaurant.

L’inconvénient c’est que l’offre est limitée, il faut que le restaurant dispose de son propre service de livraison. « Ce qui est rentable pour lui à partir de 3 commandes/H », estime Gilles Raison, le directeur-général d’Allo Resto.

Avantage spécifique au leader de la livraison à domicile

Par conséquent, ces sites , qui « surfent  » également sur des tendances sociologiques – accroissement du nombre de célibataires, manque de temps ou flemme pour faire la cuisine en semaine… – vont dynamiser encore plus une restauration « à domicile  » déjà en plein boom.

Si les investissements sont autant gros, quitte à créer potentiellement une bulle, c’est pareillement du fait que le marché accorde une prime particulière au leader. « Winner takes all « . « Le réseau est nécessaire : il faut créer des partenariats avec les patrons de restaurants. Dès lors que ceux-ci travaillent avec un service de livraison, une technologie, ils ne multiplient pas les partenaires, souligne Gilles Raison. , Côté client, si le service est bon lors des premières commandes, la fidélité est grande.

Le business en France n’est pas épargné

Même si les Français préfèrent la cuisine saine et équilibrée et en conséquence le « artisanal ou le bio », le domaine est en plein boom en France.

Le leader français Allo Resto a enregistré pour les trois premiers mois de l’année, une augmentation du nombre de commandes dépassant les 51 %. Au vu des chiffres et de l’évolution des habitudes, les patrons de restaurants commencent à s’y placer.

En effet, en moins de 6 mois, 450 restaurateurs en plus ont choisi de rejoindre le site alloresto.fr qui réunit aujourd’hui un catalogue de plus de 3.450 fast-food. Attirés par l’appât du gain et Voyant le business évoluer, ceux-ci sont de plus en plus à débuter l’aventure. Leur seul frein : la livraison . Effectivement, celle-ci n’est pas gérée par la société et incombe les patrons de restaurants qui doivent mettre en place ce nouveau service dans leur établissement.